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BIOGRAPHIE DE L’ARTISTE

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La vie professionnelle d’Edouard Collin

Edouard Collin est né à Meudon (à 8 Km de Paris) le 11 décembre 1906.

Son père est fonctionnaire et sa mère est sans profession: pas d’artistes autour de lui. L’aérodrome de Villacoublay est à quelques kilomètres et les débuts de l’aviation sont liés à son enfance.
 

Très jeune il se donne complètement aux études artistiques. Il est accepté à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris et travaille également dans l’atelier de Maurice Denis (https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Denis ). Parallèlement il passe les concours de l’Education Nationale pour pouvoir enseigner : à 21 ans il est major du concours pour l’accès au professorat des lycées et à 22 ans, major à nouveau du concours d’accès à l’Enseignement Supérieur (équivalence agrégation).
 

A l’école Nationale des Beaux Arts, après avoir obtenu plus d’une douzaine de médailles d’argent, d’or et de 1er prix, à 26 ans (1932), il reçoit le Grand Prix de Rome, consécration supérieure de l’Ecole.
 

Edouard Collin est très loin des artistes maudits. Il adopte les préceptes de l’école « naturiste » : vivre et manger sainement, fuir tout excès, pas d’alcool ni de tabac.

​Dans cette période précédant la guerre, il conçoit de nombreuses affiches pour Renault, La Croix Rouge (vous pouvez en trouver dans les collections d’affiches anciennes), il réalise des décors de théâtre. Puis il fait 2 ans d’enseignement (1936-1937). Mais il arrête en raison de son désaccord sur les méthodes et les buts de cet enseignement.
 

Début 1937, mariage avec Simone Thiery une camarade des Beaux Arts, fille du Professeur Paul Thiery, chirurgien célèbre à cette époque. Ils ont une fille en 1938 et un fils en 1941 (promoteur du présent site). Mobilisation de 1939 à 1940 pendant la “drôle” de guerre. Il décore au passage le Couvent de Vic s/Seille. Après guerre, de 1945 à 1949, il s’installe à Antibes pour des raisons de santé, privilégiant le mode de vie “naturel” plutôt que l’interventionisme médical.

Il réalise la décoration  “à fresque “ de la Chapelle de la Garoupe (18ème siècle), dédiée à Notre Dame de Bon Port (chère aux marins pêcheurs et militaires); celle-ci est perchée au sommet du Cap d’Antibes et domine les rades de Cannes et de Nice.
Durant cette période il dessine et peint des quantités de portraits, et des croquis de pêcheurs, et aussi de tous les grands du jazz qui sont passés au célèbre Festival Jazz de Juan Les Pins. Les archives de Nice Matin sont pleines de ses croquis (Sydney Bechet, Claude Luther, Lionel Hampton, etc.….).

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Retour définitif à Paris en 1950 mais il reviendra toujours à Antibes, tous les ans. Il devient conseiller artistique de la Compagnie Générale Transatlantique (fleuron de la navigation de croisière française à cette époque, disparue avec la faillite de celle-ci). Il conçoit de nombreuses affiches que vous pouvez également trouver dans les collections d’affiches anciennes (attention à ne pas confondre avec celles de Paul Collin, affichiste célèbre, de peu son aîné, qui en a produit également une très connue pour la Compagnie). On peut aussi trouver deux de ses affiches, pour le Liberté et le Colombie dans des livres: “La Mer s’Affiche” (de D.Hillion/Ed Ouest-France) et “Le Voyage s’Affiche (d’Olivier Frébourg/Ed. Fitway)
 

Il fait également les couvertures pour les menus pour l’ensemble des lignes de la Cie et pour tous les hôtels gérés par la Cie en Afrique du Nord, ainsi que plusieurs décorations murales pour les paquebots  » Ville de Tunis » et « France ».
En 1959 il reprend l’enseignement dans les lycées, promouvant son idée que la peinture et le dessin, c’est très bien en primaire car les enfants aiment jouer avec les lignes, les formes et les couleurs (ce qui est l’essence même de l’art pictural), mais au lycée il faut promouvoir la culture artistique car la plupart des élèves ne deviendront pas artistes; ils seront par contre intéressés par les œuvres d’art. Et pour cela il faut une formation artistique différente.

Edouard Collin reçoit les Palmes Académiques en 1966.
 

Il a partagé sa vie entre peinture et enseignement, et sera connu dans un milieu restreint mais ne sera jamais célèbre auprès du grand public. Remarquable est sa carrière de portraitiste où sa virtuosité atteignait un sommet (collections particulières).
 

Il est mort à Antibes le 4 août 1983 à l’age de 77 ans.

Un mot sur l’oeuvre d’Edouard Collin
 

Edouard Collin est volontairement figuratif. Bien sûr l’anecdote que représente une toile distrait le spectateur de la contemplation esthétique, ce que reprocheront les « abstraits ». Oui, au-delà du sujet il faut voir le fourmillement des lignes, des couleurs, des formes créées par les lignes, la construction du tableau. C’est pour cela qu’à chaque tableau nous vous proposons quelques zooms sur des détails mais vous pouvez capturer ces images et zoomer à votre guise. Là vous découvrirez l’incroyable créativité et expressivité d’un « simple » coup de pinceau. Edouard Collin aimait citer Poussin :  “de la main du peintre ne doit sortir aucune ligne qui n’ait été formée auparavant dans son esprit”. Donc refus des « faiseurs de hasards »(selon ses propres termes), refus des gens qui jettent des couleurs sur une toile, et qui parfois s’y vautrent frénétiquement. Pour lui c’est du spectacle pour show biz, pas de l’art.

A l’opposé l’abstrait sérieux, construit et « solide » éloigne malheureusement souvent le grand public qui n’a pas bénéficié d’une éducation à l’esthétique. Il faut éduquer le regard, oublier l’anecdote, le paysage, les personnages. On ne voit plus que ce jeu des lignes, des formes et des couleurs, cette construction de la toile, libérés de toute obligation de représenter ou de raconter. L’étude de l’anatomie et la représentation du corps humain ou des animaux fait l’objet d’un atelier très important aux Beaux Arts; c’est un univers bien utile pour passer au figuratif et peindre une main ou une silhouette en deux coups de pinceaux.

Edouard Collin veut rester
figuratif et accepter la contrainte de respecter les règles de l’esthétique ainsi que la représentation d’un sujet pour rester dans un domaine connu de tous et utiliser l’impact de l’esthétique pour créer des émotions. Jusqu’au XXème siècle les artistes n’ont jamais contesté cette double exigence. Mais nombre de peintres ont aussi oublié que la représentation n’était pas la seule exigence (aujourd’hui qui plus est, il y a la photo qui peut y suffire) d’où les révoltes : fauvisme contre “le jus de pipe”, cubisme pour l’interprétation du sujet, impressionnisme pour les couleurs qui expriment la lumière, abstrait pour forcer à oublier les questions anecdotiques “où est-ce ?” “qui est-ce ?” “quand y a-t-il vécu ?”. Voyez les premières toiles de Van Gogh représentatives de son époque, tout en noir et brun ( » jus de pipe  »), puis tout à coup  » fauves » et enfin Van Gogh.

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Les caractéristiques d’Edouard Collin?

Enormément d’humour, truculent parfois, il est présent partout. Il ne se prenait pas au sérieux et se moquait des  “gros dindons” (titre d’une toile de 1975), imbus d’eux-mêmes. Il y a toute une partie de son œuvre franchement narrative. A partir des années 70 il exprime une nostalgie certaine de la Belle Epoque et de son enfance. Sa toile  » Retrovolas » peut être la tête de série de cette tendance : il retourne survoler une vie que l’on imagine toujours, avec l’éloignement dans le temps, plus facile, élégante, gentille, où l’humour se sent tout à fait libre.
 

Il est tout à fait exceptionnel comme portraitiste (nous lançons un appel aux détenteurs de ses œuvres pour qu’ils acceptent de les faire figurer sur ce site).
 

Ses dessins et croquis sont aussi difficilement égalables : en quelques traits la silhouette est en place et très vivante. Ses toiles commencent par une composition dessinée et de nombreux croquis de détails lui sont nécessaires pour les réaliser. Nous les avons parfois placés comme des zooms de détails.

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